Julia Minot – Psychologue

Violences psychologiques

La violence psychologique se traduit par un ensemble d’attitudes, d’actes et de paroles dissimulées et insidieuses dont le caractère répétitif et unilatéral peut avoir des conséquences pouvant aller de la dépression à l’état de stress post-traumatique voire au suicide

Les violences psychologiques ont pour but de créer chez la victime :

« – Un climat d’insécurité physique et émotionnelle, voire de terreur, par des conflits à tout propos.

 – Des intimidations, des menaces, des chantages affectifsdes sous-entendus perpétuels, une agressivité et une hostilité permanente, des colères soudaines, une intolérance à la moindre contrariété ou opposition, des attitudes dures, cruelles, une indifférence affichée, un non-respect de la vie familiale, de ses règles, des horaires, du partage des tâches et des charges financières.

 Un climat de contrainte, de contrôle et d’isolement, par une surveillance continuelle (des sorties, des dépenses, des fréquentations, de l’habillement, etc.), par l’imposition de règles de vie contraignantes, avec harcèlement, non-respect de l’intimité et séquestrations.

 – Un sentiment d’infériorité, de dévalorisation et d’humiliation par des disqualifications et des dénigrements répétés, des critiques incessantes et des paroles blessantes sur le physique, l’expression verbale, les capacités intellectuelles, le travail, les tâches domestiques, l’éducation des enfants, le comportement amoureux et sexuel.

 – Un climat de culpabilisation et un sentiment d’incompétence, par des plaintes et des critiques, des exigences irréalistes, des attitudes de rejet et de frustration, de jalousie, organisant la sensation d’être continuellement en faute.

 – Un sentiment de confusion et de doute, par des attitudes et des messages incohérents, des mensonges, des manipulations, des interprétations concernant tous les faits et gestes, des procès d’intention, des mises en scène, et par une non-reconnaissance, une négation et un mépris des besoins fondamentaux, des émotions, des sentiments et de la souffrance, entraînant chez la victime une incapacité à avoir confiance en ses jugements, ses réactions et ses désirs. » 

Extrait du site « Mémoire traumatique et Victimologie ». 

La violence est agie et passe par un processus de harcèlement moral, qui est une tentative de terreur et d’aliénation. Comme A.Bilheran l’explique dans son ouvrage « Harcèlement », « L’aliénation passe par l’isolement (rupture des liens avec l’entourage), des pressions économiques ou de la culpabilisation (s’occuper des enfants, etc). La terreur est mise en place de façon psychologique, et le harcelé craint souvent les représailles s’il désobéit ou ne consent pas aux exigences du harceleur. « 

Ces violences s’accompagnent de la mise en place d’un contrôle et d’une emprise qui s’installe progressivement, de façon insidieuse et sur plusieurs années. 

Dans son ouvrage « Le harcèlement moral », M.F Hirigoyen définit la notion d’emprise comme une « domination intellectuelle ou morale dans une relation de domination. Le pouvoir entraîne l’autre à survivre par dépendance, c’est-à-dire par acquiescement et adhésion ». Il s’agit de « la captation de l’esprit de l’autre ». L’auteur rajoute que « la victime est prise dans une toile d’araignée, tenue à disposition, ligotée psychologiquement, anesthésiée. Elle n’a pas conscience qu’il y a eu effraction ».

Les enfants sont souvent utilisés comme une arme pour atteindre le parent victime. L’auteur des violences utilise le « Syndrôme d’aliénation parentale » qui conduit, comme l’explique M.F Hirigoyen, à détourner l’attention sur le parent qui dénonce plutôt que sur l’auteur des sévices.

Depuis le 24 juin 2010, les violences psychologiques au sein du couple sont un délit punissable d’une peine maximale de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

Lectures conseillées:

– Le Harcèlement moral: La violence perverse au quotidien. Marie-France Hirigoyen. 

– La Harcèlement moral. Ariane Bilheran.

– Chronique d’un harcèlement parentale. Elisabeth Canitrot. 

– Les pervers narcissiques. Jean-Charles Bouchoux. 

– La manipulation affective dans le couple. Pascal Couderc.

– La fabrique de l’Homme pervers. Dominique Barbier.

– La démesure, Céline Raphaël (soumise à la violence d’un père)

– L’enfance du crime. Tous les grands criminels ont été des enfants victimes. Pierre Lassus.

Pour en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur la page de l’association HALT’HAMO64:

HALT’HAMO 64 et 31

https://halthamo64.jimdo.com/

Tél : 06 44 90 64 99